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À la traversée d’un désert blanc: un CO de Blanc-Sablon parle de sa pratique en PPO

935357_4372791652721_1884968289_nCette semaine, je me rends en Basse-Côte-Nord, dans le petit village pittoresque de Blanc-Sablon, dont le rivage est jalonné par des kilomètres de plages sablonneuses. Je m’arrêterai à la Commission scolaire du Littoral. Monsieur Charles Lasnier, conseiller d’orientation (CO), m’entretiendra sur la place de l’orientation dans le Projet personnel d’orientation (PPO) et me parlera de son expérience professionnel unique comme CO sur la terre d’oiseaux marins, de baleines et d’icebergs – un petit coin de paradis!

Charles Lasnier c.o.J’ai toujours aimé aider les autres, les écouter et les conseiller, même jeune je savais que je voulais travailler avec des humains et non des objets. J’aime la valorisation intérieure que je ressens lorsque j’aide autrui.

Je suis membre de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec (OCCOQ) depuis 2013. Avant d’arriver à Blanc-Sablon, j’ai occupé divers emplois reliés au monde de l’orientation. En effet, j’ai acquis de l’expérience dans le domaine communautaire en œuvrant à titre d’intervenant psychosocial et de groupe, de conseiller en emploi et de conseiller en information scolaire et professionnelle.

Je travaille actuellement pour la Commission scolaire du Littoral, aux Services éducatifs, en tant que conseiller d’orientation. Je suis responsable des programmes d’études du domaine du développement professionnel ainsi que de l’approche orientante, aux secteurs jeune et adulte.École St-Theresa Voici la photo de l’école St. Therasa où est situé mon bureau.

Travailler comme CO, à la Commission scolaire du Littoral est une expérience très enrichissante tant sur le plan professionnel que personnel. Seule commission scolaire détenant un statut particulier au Québec, la présence de l’anglais et du français est une réalité sur le territoire qui s’étend de Kégaska à Blanc-Sablon incluant Port-Menier (Île d’Anticosti). On y retrouve dix villages anglophones et quatre villages francophones sur une surface non reliée par le réseau routier qui s’étend sur 460 kilomètres. La population des villages varie entre 100 et 1000 habitants incluant deux communautés Innu (La Romaine et St-Augustin).

Sur ce vaste territoire de liberté, on y retrouve aucun centre de formation professionnelle (CFP), aucun cégep et peu d’entreprises. L’avion, le bateau et la motoneige pendant l’hiver sont les moyens de transport prisés entre les villages. Travailler et vivre sur la Basse-Côte-Nord demande une bonne capacité d’adaptation, d’aimer la nature et les activités extérieures (marche, raquette, chasse, pêche, hockey, bateau, motoneige et véhicule tout-terrain, observation de baleine et d’iceberg, etc.) et de s’intégrer aux gens sympathiques, serviables et généreux de la Basse-Côte-Nord. Certes, c’est une vie bel et bien  différente de celle de la ville. Quand on voyage sur la Côte, on ne sait jamais exactement quand on va partir et quand on va pouvoir revenir!

Cette année, j’ai accepté de faire partie d’un groupe de codéveloppement, mis en place par l’équipe des programmes du développement professionnel au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, pour les conseillers d’orientation œuvrant dans le programme PPO. Le but était de se questionner sur la place qu’occupe l’orientation scolaire et professionnelle dans le PPO et sur le rôle-conseil des conseillers d’orientation dans ce programme.

Mes objectifs en participant dans ce groupe de codéveloppement étaient:

  • de me positionner face à mon rôle de CO dans la classe de PPO,
  • de clarifier ce que je fais déjà en PPO et ce que je pourrais également faire en tant que CO,
  • d’élargir mon réseau professionnel ainsi que mes connaissances générales en PPO,
  • d’aller chercher des idées de ce que les autres CO font en PPO. 

Voici ce que je retiens de cette expérience enrichissante:

  • Je retiens que je suis une ressource pour les élèves lors de leurs démarches exploratoires au même titre que les autres ressources auxquelles ils ont accès. Je retiens également que les élèves en PPO doivent apprendre à s’orienter dans l’action et ainsi se positionner face à leur connaissance de soi pour s’imaginer des hypothèses de parcours académiques et professionnels.
  • Ce que je souhaite mettre en place est d’épauler l’enseignant dans son cours tout en lui laissant le rôle d’expert en pédagogie qu’il détient, faire un tour à l’improviste dans le cours de PPO afin de me faire connaître et de m’intéresser aux démarches exploratoires en cours des élèves. Aussi, effectuer un bilan de fin d’année des démarches exploratoires des élèves avec les élèves et l’enseignant (garder des traces de ce qu’il a été fait durant l’année afin de pouvoir m’en servir en individuel en 4e ou 5e secondaire).
  • Un conseil que j’ai à donner pour un CO qui voudrait intervenir en PPO en accompagnement des élèves ou en soutien à l’enseignant: entretenir une relation professionnelle de confiance avec l’enseignant, se définir comme une ressource pour l’élève. Oser utiliser et expérimenter de nouvelles ressources numériques/technologiques afin de les proposer à l’enseignant. Ne jamais oublier que la classe de PPO est un laboratoire d’orientation et non seulement un lieu d’animation.

Je vous laisse sur cette vidéo pour vous donner envie de découvrir Blanc-Sablon, ses écoles, ses élèves…


Charles Lasnier, conseiller d’orientation,  Services éducatifs – secteur Jeunes et Adultes, Commission scolaire du Littoral