Comment soutenir adéquatement les élèves durant les étapes de la planification et de la réalisation?

Lorsque j’ai enseigné le cours pour la première fois, je me souviens tellement à quel point l’impression de vide me déstabilisait.  Nous savons très bien qu’il n’y a pas de matériel disponible chez les maisons d’édition pour ce cours.  Mais avec le temps, j’ai réalisé qu’il serait presque impossible d’en créer un.  Tous les projets sont tellement différents, les capacités des jeunes différentes aussi, les objectifs, méthodes de travail, etc.

La meilleure façon que j’ai utilisée a été de laisser beaucoup de place aux jeunes dans toutes les étapes.  Faire preuve d’autonomie est essentiel de leur part.  Cependant, il y a certains barèmes, exigences qui peuvent leur être données dès le début afin de les soutenir.  Le but est de faire évoluer les jeunes durant l’année.  Pour cela, il peut être très intéressant de leur faire utiliser des références méthodologiques qui leur seront aussi utiles plus tard.  Il y a plusieurs oeuvres qui peuvent nous soutenir dans cette voie, comme « Le français au bureau ».  Cet ouvrage est très complet pour rédiger des lettres, des courriels, des bibliographies, des entrevues, des comptes-rendus, etc.

Ce qui est aussi très intéressant est de faire réaliser un journal de bord à chaque élève afin de voir l’avancement de son projet.  Quand l’enseignant le juge opportun, il peut être très intéressant de commenter ce journal afin de guider le jeune s’il le faut, car l’élève doit sentir qu’il est soutenu tout en étant quand même libre de prendre les grandes décisions.

Un autre façon de fonctionner est de demander aux élèves de faire une liste des ressources matérielles nécessaires.  Cela donne une bonne vision d’ensemble aux jeunes de ce qu’ils devront utiliser: sites internet précis, revus, périodiques, encyclopédies, blogues, etc.

Une ressource humaine est aussi tellement sécurisante pour les élèves et pour nous!  Il est possible de demander aux élèves de trouver une personne qui pourra leur servir de mentor, de guide, pour les conseiller si le besoin se fait sentir.  Il peut s’agir d’enseignants, de personnel de l’école, de professionnels de la communauté, de personnes de leur famille, d’artistes, d’anciens élèves qui ont fait des projets semblables et qui peuvent les conseiller, etc.  

Nous ne pouvons pas être super compétents dans tous les domaines touchés par les projets de nos élèves.  C’est impossible!  Il est donc vraiment important que les jeunes se réfèrent à leurs personnes-ressources et que, par la suite, ils nous informent des résultats par écrit!  Il m’est même déjà arrivé de communiquer moi-même avec quelques-unes de ces personnes pour avoir une idée de comment garder les jeunes visés dans la bonne voie!  

Catherine Jouglin

Si vous avez des questions, suggestions ou commentaires, n’hésitez surtout pas à m’écrire à mon adresse courriel ou encore sur ma page Facebook.  Au plaisir!

L’élève est-il tenu de concrétiser son projet à l’étape de la réalisation?

Question d’une enseignante…

Nous sommes encore au démarrage du PI et j’ai une question.

L’élève est-il tenu de concrétiser son projet à l’étape de la réalisation?C’est-à-dire, supposons qu’un élève décide d’écrire et faire un CD de ses compositions, est-il tenu d’écrire et créer son CD?

Ou, un élève qui veut créer une pièce de théâtre, doit-il l’écrire et la réaliser? Ou, un élève veut créer un mini robot, est-il tenu de le créer.

Est-ce que tout est sur papier sans réalisation concrète? Dans le programme international, la réalisation concrète est primordiale. Est-ce pareil pour le PI?

Catherine Jouglin

Oui, l’élève est tenu de concrétiser son projet.  Toutefois, c’est l’élève qui doit déterminer la finalité de son projet. Je m’explique.

Si l’élève détermine qu’il veut écrire et produire un CD, il doit absolument le faire.  Cependant, si des difficultés persistent et que le jeune n’arrive pas à la finalité attendue ça ne veut pas dire qu’il sera en échec.  Dans mon cas, je regarde ce qui a été fait tout au long de l’année, le journal de bord, et l’élève doit me faire un texte analytique afin de m’expliquer ce qui est arrivé et ensuite je prends la décision.

Un élève dont le projet est d’écrire une pièce de théâtre, si le produit final est l’écriture, il n’est pas du tout tenu de monter la pièce sur scène.  S’il veut créer un robot, il doit le faire, sinon le texte analytique.

La période du choix me donne souvent l’occasion de connaître un peu mes élèves et de les guider vers un projet complexe réaliste.  Mais je ne suis pas du tout dans un programme international.  Je crois que chaque enseignant peut mettre ses exigences, mais il faut garder en tête que si tout le projet a été monté (surtout en ce qui concerne les événements), mais qu’un imprévu ou encore des difficultés persistent, le jeune a quand même fait des apprentissages importants.

Cependant, si l’élève procrastine, ou encore ne fait vraiment pas ce qui était prévu dans sa planification ou encore dans la réalisation, il est évident que les traces d’évolution et d’évaluation seront insuffisantes.  Dans cette situation, il est possible que l’élève se retrouve en échec.